Création d’une plateforme anti-flux financiers illicites au Togo
Les données disponibles prouvent que les pertes de l’Afrique liées aux flux financiers illicites ont presque doublé, passant de 50 milliards de dollars par an en 2015 à 90 milliards de dollars en 2020. Cela représente 3,7 % de la production économique totale du continent et équivaut presque à la somme des investissements et de l’aide étrangers que l’Afrique reçoit chaque année (CEA, 2020). La corruption cause à l'Afrique une perte annuelle estimée à 148 milliards de dollars, soit 25 % du PIB de l'Afrique (BAD, 2015). Le taux des FFI est particulièrement élevé en Afrique de l’Ouest avec 38%, contre 28% en Afrique du Nord, 13% en Afrique australe, 11% en Afrique de l’Est et 10% en Afrique centrale (Kar et al., 2010))
Les organisations de la société civile et les journalistes jouent un rôle crucial dans les efforts de lutte contre les flux financiers illicites dans le dispositif des instruments juridiques internationaux, régionaux et sous-régionaux de lutte.
Toutefois, l’étude cartographique réalisée par le Pro-CEMA (Juin 2018) et la Feuille de route de l'UE pour l'engagement avec la société civile au Togo, révèlent une très faible participation du citoyen et de la société civile à la lutte contre la corruption et les FFI au Togo liée entre autres à une faible éducation civique et à la faible connaissance des instruments de lutte.
En raison de l’importance du rôle des OSC et des journalistes dans la lutte contre les FFI, et dans le but de mieux coordonner et de mieux planifier les efforts de lutte à travers des actions de plaidoyers efficaces, l’ANCE-TOGO, avec le soutien financier du GIABA, à appuyer plusieurs réunions d’échanges entre acteurs d’OSC, appuyer l’élaboration des textes constitutifs et l’organisation d’une assemblée générale constitutive de la création de la Plateforme Anti-Flux Financiers Illicites (PAFFI) du Togo les 23-24 Mai 2025 à Lomé.
Cette plateforme regroupe une vingtaine d’OSC travaillant dans les domaines de LBC-FT, transparence, redevabilité et lutte contre la corruption. Un bureau de coordination de onze (11à membres a été mis sur pied avec un Secrétariat Exécutif assuré par l’ANCE.